Brancher plusieurs prises « en série » désigne généralement le fait de raccorder une nouvelle prise sur une prise existante. Le terme est courant, mais les prises d’un logement sont en réalité branchées en parallèle, aussi appelé montage en dérivation. La phase, le neutre et la terre se prolongent d’une prise à la suivante. Chaque socle reçoit ainsi la même tension nominale de 230 V.
Avant d’ouvrir une prise, coupez l’alimentation au disjoncteur général et vérifiez l’absence de tension avec un dispositif adapté. Une couleur de fil ou une ancienne étiquette ne suffit jamais à confirmer qu’un circuit est hors tension.
Les prises domestiques sont branchées en parallèle
Dans un véritable circuit en série, le courant traverse successivement plusieurs récepteurs. La tension d’alimentation se répartit alors entre eux en fonction de leur impédance. Un tel fonctionnement ne convient pas aux prises d’un logement, puisque les appareils raccordés doivent chacun pouvoir fonctionner sous leur tension nominale.
Les prises de courant utilisent donc un montage en parallèle. Leurs bornes de phase sont reliées entre elles, comme leurs bornes de neutre et de terre. Chaque appareil branché reçoit environ 230 V et peut fonctionner sans dépendre électriquement des autres appareils.
La confusion vient surtout de la disposition physique du câblage. Les prises peuvent être installées les unes après les autres le long d’un mur, avec un câble qui arrive sur une prise puis repart vers la suivante. Elles semblent former une chaîne, mais leur raccordement reste parallèle.
Cette méthode porte le nom de repiquage. Elle permet d’ajouter une prise sur un circuit existant sans tirer systématiquement une nouvelle alimentation depuis le tableau électrique. Elle ne crée toutefois ni un nouveau circuit ni davantage de puissance disponible. Toutes les prises restent placées sous la même protection et partagent la capacité du même circuit.
Les multiprises branchées les unes sur les autres correspondent à un autre cas. Il s’agit d’une mise en cascade d’accessoires mobiles, pas d’un branchement électrique en série. Cette pratique concentre plusieurs appareils sur la même prise murale et augmente le risque de surcharge ou de mauvais contact. Elle ne doit pas être confondue avec le repiquage de prises fixes.
Le schéma de repiquage de plusieurs prises

Le schéma d’un branchement de prises dit « en série » doit donc représenter un montage en parallèle. Trois conducteurs alimentent chaque prise : la phase, le neutre et la terre. Ces mêmes fonctions sont prolongées vers le socle suivant.
La manière de réaliser les connexions dépend du mécanisme utilisé, de ses bornes et de la place disponible dans la boîte d’encastrement.
Trois fils arrivent, trois fils repartent
Sur une prise située au milieu du circuit, vous pouvez trouver six conducteurs :
- deux conducteurs de phase
- deux conducteurs neutres
- deux conducteurs de protection
Le premier conducteur de chaque paire arrive de la prise précédente ou du tableau. Le second repart vers la prise suivante. Il ne s’agit pas de six fonctions différentes, mais de trois fonctions prolongées.
La borne repérée L reçoit la phase entrante et la phase sortante. La borne N reçoit les deux conducteurs neutres. La borne portant le symbole de terre reçoit les deux conducteurs vert et jaune.
La dernière prise du circuit ne possède normalement plus de départ vers un autre socle. Elle peut donc ne comporter que trois conducteurs, un pour chaque fonction. Cette observation aide à comprendre le cheminement, mais elle ne permet pas à elle seule d’identifier avec certitude l’organisation complète du circuit.
Sur une installation récente, le neutre est bleu et le conducteur de protection est vert et jaune. La phase peut être rouge, marron, noire ou d’une autre couleur autorisée. La couleur reste un repère, pas une preuve, surtout dans un logement ancien ou partiellement rénové.
Repiquage sur les bornes ou dérivation dans la boîte
De nombreuses prises récentes possèdent deux entrées pour chacune des trois bornes. Une entrée reçoit le conducteur d’alimentation et l’autre le conducteur qui repart vers la prise suivante. Les deux entrées d’une même borne sont reliées électriquement à l’intérieur du mécanisme.
Chaque conducteur doit être introduit dans un emplacement prévu à cet effet. Il ne faut pas forcer deux fils dans une borne conçue pour un seul conducteur. La section admissible, la longueur de dénudage et le nombre de conducteurs autorisés sont indiqués par le fabricant.
Une autre solution consiste à réaliser la dérivation avec des connecteurs adaptés placés dans la boîte d’encastrement. La phase entrante, la phase allant vers la prise et la phase repartant éventuellement vers le socle suivant sont réunies dans un même connecteur. Le même principe est appliqué séparément au neutre et à la terre.
Cette méthode demande une boîte suffisamment profonde. Les connecteurs et les fils ne doivent pas comprimer le mécanisme ni créer une contrainte sur les bornes. Si la boîte est déjà encombrée, son remplacement ou la création d’une boîte de dérivation accessible peut être préférable.
Les contrôles avant d’ajouter une prise
La présence de doubles bornes ne signifie pas qu’une prise peut être ajoutée automatiquement. Il faut d’abord vérifier les caractéristiques du circuit existant et déterminer si sa capacité n’est pas déjà atteinte.
Commencez par identifier le disjoncteur qui protège les prises concernées. Son calibre doit être cohérent avec la section des conducteurs. Un circuit en cuivre de 1,5 mm² peut être protégé par un disjoncteur de 16 A au maximum. Avec des conducteurs de 2,5 mm², le calibre maximal est de 20 A.
Coupez ensuite l’alimentation. Lorsque l’identification du circuit présente le moindre doute, la coupure doit être effectuée au disjoncteur général. Vérifiez l’absence de tension sur la prise avant de toucher les conducteurs.
Plusieurs autres points doivent être contrôlés :
- Compter tous les socles déjà alimentés par le circuit, y compris ceux situés dans d’autres pièces.
- Vérifier que les conducteurs possèdent une section identique sur la partie prolongée.
- Confirmer la présence du conducteur de protection jusqu’à la prise existante.
- Examiner l’état de l’isolant, du mécanisme et des connexions.
- Vérifier que les bornes acceptent deux conducteurs de la section utilisée.
- S’assurer que la boîte offre assez de place pour ranger les fils sans les pincer.
- Identifier la fonction du circuit pour écarter une alimentation spécialisée.
Une installation ancienne ne doit pas être analysée uniquement à partir des règles actuelles. Certaines dispositions ne sont pas rétroactives. L’ajout d’une prise constitue cependant une modification du circuit. Cette extension doit être réalisée avec du matériel adapté et ne doit jamais dégrader le niveau de sécurité existant.
La prudence s’impose lorsque les fils changent de couleur ou de section dans la boîte, lorsque la terre est absente ou lorsque plusieurs raccordements ont déjà été ajoutés. Ces situations demandent de reconstituer le circuit avant d’envisager un nouveau départ.
Combien de prises peut-on raccorder sur le même circuit ?
La NF C 15-100 limite le nombre de socles alimentés par un circuit de prises de courant. Ce maximum dépend de la section des conducteurs et du calibre du disjoncteur.
| Type de circuit | Section des conducteurs | Disjoncteur maximal | Nombre maximal |
|---|---|---|---|
| Prises de courant courantes | 1,5 mm² | 16 A | 8 socles |
| Prises de courant courantes | 2,5 mm² | 20 A | 12 socles |
| Prises non spécialisées de la cuisine | 2,5 mm² | 20 A | 6 socles sur le circuit dédié |
Le décompte s’effectue socle par socle. Une prise simple compte pour un socle, une prise double pour deux et une prise triple pour trois. Le fait qu’un ensemble soit précâblé ou installé dans une seule boîte ne réduit pas le nombre de prises à comptabiliser.
Si un circuit en 1,5 mm² alimente déjà huit socles, il n’est pas possible d’en ajouter un neuvième par repiquage. La même limite s’applique au treizième socle d’un circuit en 2,5 mm². Il faut alors créer ou utiliser un autre circuit correctement dimensionné.
Dans la cuisine, les six prises non spécialisées réglementaires sont alimentées par un circuit dédié en 2,5 mm² protégé par un disjoncteur de 20 A au maximum. Les prises destinées aux appareils nécessitant un circuit spécialisé ne sont pas ajoutées à cette ligne. Le lave-linge, le lave-vaisselle, le four ou d’autres équipements prévus sur une alimentation dédiée doivent conserver leur propre circuit.
Le nombre de socles ne représente pas la puissance disponible pour chacun d’eux. Douze prises raccordées à un circuit de 20 A ne peuvent pas fournir simultanément 20 A chacune. Le courant total consommé par l’ensemble des appareils traverse la protection du même circuit.
Le disjoncteur divisionnaire protège les conducteurs contre les surcharges et les courts-circuits. Il ne doit pas être confondu avec le dispositif différentiel 30 mA placé en amont, qui détecte certains défauts d’isolement et participe à la protection des personnes. Le conducteur de terre complète cette protection en reliant les masses métalliques des appareils à l’installation de mise à la terre.
Réaliser le repiquage sans confondre les conducteurs
Le repiquage peut être envisagé seulement après avoir identifié le circuit, sa protection, la section des fils et le nombre de socles déjà raccordés. Préparez également le cheminement entre la prise existante et la nouvelle boîte avant de déconnecter le mécanisme.
L’alimentation doit rester coupée pendant toute l’intervention. La vérification d’absence de tension est réalisée avant de retirer ou de dénuder un conducteur. Un tournevis testeur ou la simple extinction d’une lampe ne suffit pas à sécuriser l’opération.
Le raccordement suit ensuite une progression précise :
- Démontez la prise existante après avoir confirmé l’absence de tension.
- Repérez les bornes L, N et terre sur le mécanisme, sans vous fier uniquement aux couleurs.
- Préparez trois conducteurs de même section que ceux du circuit existant.
- Dénudez-les sur la longueur prescrite par le fabricant de la prise.
- Raccordez la phase sortante sur la borne de phase prévue pour le repiquage.
- Placez le neutre sortant sur la seconde entrée de la borne N.
- Prolongez le conducteur de protection depuis la borne de terre.
- Effectuez les mêmes raccordements sur la nouvelle prise.
- Contrôlez mécaniquement le maintien de chaque fil avant de ranger les conducteurs.
- Remontez les mécanismes sans pincer ni plier fortement les fils.
Si le matériel ne possède qu’une entrée par borne, la dérivation doit être effectuée avec des connecteurs compatibles avec la nature et la section des conducteurs. Aucun assemblage improvisé ne doit être placé derrière la prise.
La phase, le neutre et la terre doivent rester séparés dans trois connexions distinctes. Le fil vert et jaune ne doit rejoindre que les bornes de terre. Un contact entre la phase et la terre ou entre la phase et le neutre provoquerait un défaut et le déclenchement des protections.
Après le remontage, vérifiez que les prises sont correctement fixées et qu’aucun cuivre dénudé n’est visible. La remise sous tension intervient uniquement lorsque les mécanismes et les plaques sont remontés. Si le disjoncteur ou le différentiel déclenche, coupez immédiatement l’alimentation et ne tentez pas plusieurs réarmements successifs.
Les situations où le repiquage doit être abandonné
Une prise ne doit pas être ajoutée sur un circuit dont la fonction ou les caractéristiques restent incertaines. L’absence de terre, des conducteurs détériorés, une isolation cassante ou des traces d’échauffement imposent de traiter le défaut avant toute extension.
Le repiquage doit également être écarté si le nombre maximal de socles est déjà atteint. Remplacer un disjoncteur 16 A par un modèle 20 A ne résout pas le problème lorsque les conducteurs sont en 1,5 mm². Le calibre de la protection ne doit jamais être augmenté sans vérifier la section et les conditions de pose de toute la ligne.
Les circuits spécialisés ne doivent pas servir de point de départ à des prises courantes supplémentaires. Une prise dédiée au lave-linge, au lave-vaisselle, au four ou à un autre appareil identifié reste affectée à cet usage.
Certaines zones demandent des règles supplémentaires. C’est notamment le cas des volumes autour d’une baignoire ou d’une douche, des installations extérieures et des locaux exposés à l’humidité. Le choix du matériel, son indice de protection et son emplacement doivent alors être étudiés avant le raccordement.
Une boîte trop petite constitue aussi un motif valable pour changer de méthode. Des fils repliés avec force peuvent tirer sur les bornes après la fermeture. Un mauvais contact augmente la résistance au point de connexion et peut provoquer un échauffement sans que la consommation totale du circuit dépasse nécessairement le calibre du disjoncteur.
Lorsque plusieurs modifications anciennes se croisent derrière le mécanisme, le repiquage d’une prise supplémentaire ne doit pas servir à prolonger une installation mal identifiée. Il est plus sûr de reconstituer le circuit et de corriger les connexions existantes avant de l’étendre.
Pourquoi plusieurs prises peuvent tomber en panne ensemble
Dans un montage en parallèle, les appareils ne sont pas traversés successivement par le même courant. Éteindre ou débrancher un appareil n’empêche donc pas les autres prises de fonctionner. Cette indépendance électrique ne signifie toutefois pas que chaque prise possède une alimentation séparée depuis le tableau.
Lorsqu’un circuit est câblé par repiquage, les conducteurs destinés aux prises suivantes passent par les connexions de la prise précédente. Une phase ou un neutre mal maintenu peut alors interrompre l’alimentation de tous les socles situés en aval. La première prise défectueuse n’est donc pas forcément la première prise qui ne fonctionne plus.
Si plusieurs prises voisines tombent en panne, commencez par débrancher les appareils et contrôler la position du disjoncteur. N’ouvrez aucun mécanisme sous tension. Une odeur de plastique chaud, une plaque brunie, un grésillement ou une prise anormalement chaude impose de couper immédiatement le circuit.
L’emplacement de la panne ne peut pas toujours être déterminé depuis la prise qui ne fonctionne plus. Il faut parfois contrôler la dernière prise encore alimentée et la première prise hors service afin de localiser une rupture de connexion. Cette recherche doit rester hors tension. Si l’organisation du circuit n’est pas clairement identifiable, l’intervention d’un électricien évite de multiplier les démontages et de remettre sous tension une connexion endommagée.



