Le circuit simple allumage permet de commander un ou plusieurs points lumineux depuis un seul interrupteur. C’est le montage d’éclairage le plus simple à comprendre et l’un des plus courants dans une installation électrique domestique.
Son principe repose sur quelques conducteurs : la phase, le retour lampe, le neutre et le conducteur de protection (terre). Mais derrière ce fonctionnement simple se trouvent plusieurs règles à respecter, notamment pour la section des fils, la protection au tableau et le nombre de points lumineux.
Ces règles concernent les installations neuves et, selon la nature des travaux réalisés, les installations modifiées ou créées en rénovation.
Circuit simple allumage : l’essentiel à retenir
Le simple allumage est utilisé lorsqu’un éclairage doit être commandé depuis un seul emplacement. La phase arrive à l’interrupteur et repart vers le luminaire par le retour lampe, tandis que le neutre rejoint directement le point lumineux.
Voici les principales données à retenir pour comprendre rapidement ce montage :
| Point à vérifier | Valeur ou principe |
|---|---|
| Nombre de points de commande | 1 |
| Section minimale du circuit d’éclairage | 1,5 mm² cuivre |
| Protection du circuit | 16 A maximum |
| Points d’éclairage | 8 maximum par circuit |
| Conducteur commandé par l’interrupteur | Phase |
| Interrupteur → luminaire | Retour lampe |
| Neutre | Rejoint directement le luminaire |
| Commande concernée par les prescriptions d’accessibilité | 0,90 à 1,30 m du sol fini |
Le circuit simple allumage est donc facile à comprendre dans son principe, mais il doit être considéré comme une partie d’une installation électrique complète, avec ses conducteurs, ses protections et ses règles de sécurité.
Et surtout, ne travaillez jamais sur le circuit simplement parce que l’interrupteur est en position éteinte. Avant toute intervention, coupez l’alimentation au tableau et vérifiez l’absence de tension avec un dispositif adapté.
Comprendre le fonctionnement d’un simple allumage
Un simple allumage sert à allumer et éteindre un éclairage depuis un seul point de commande.
Le principe électrique peut être résumé ainsi :
Phase → interrupteur → retour lampe → luminaire → neutre
La phase provenant du tableau électrique arrive à l’interrupteur. Lorsque vous actionnez celui-ci, il établit ou interrompt le passage de la phase vers le luminaire.
Lorsque l’interrupteur est fermé, la phase rejoint le luminaire par le retour lampe et l’éclairage s’allume. Lorsqu’il est ouvert, cette alimentation est interrompue et l’éclairage s’éteint.
Ce montage est particulièrement adapté lorsqu’un seul point de commande suffit : WC, cellier, bureau, petite chambre ou pièce disposant d’un accès principal unique.
À retenir
1 point de commande = simple allumage.
Lorsque le même éclairage doit être commandé depuis deux endroits, le montage utilisé est généralement un va-et-vient.
Schéma électrique d’un simple allumage

Le schéma d’un simple allumage permet de visualiser le chemin parcouru par les conducteurs entre le tableau électrique, l’interrupteur et le point lumineux.
Dans son principe, le circuit peut être représenté ainsi :
Tableau électrique → phase → interrupteur → retour lampe → luminaire → neutre → tableau électrique
Le conducteur de protection, appelé couramment terre, est également acheminé jusqu’au point d’éclairage conformément aux exigences applicables au circuit et au matériel installé.
Lire le schéma du tableau jusqu’à l’interrupteur
Le circuit d’éclairage prend son origine au tableau électrique, où il est protégé par un disjoncteur adapté.
Pour un circuit réalisé en conducteurs en cuivre de 1,5 mm², le calibre du disjoncteur ne doit pas dépasser 16 A.
La phase quitte le tableau et rejoint l’interrupteur. C’est ce conducteur que l’interrupteur va ouvrir ou fermer pour commander l’éclairage.
Le neutre n’a pas besoin de passer par un interrupteur simple classique pour assurer cette fonction. Il est acheminé vers le point lumineux.
Lire le schéma entre l’interrupteur et la lampe
À la sortie de l’interrupteur, la phase commandée prend le nom de retour lampe.
Le principe est donc :
Phase → interrupteur → retour lampe → lampe
Lorsque l’interrupteur est fermé, la phase est transmise au retour lampe. Le luminaire reçoit alors son alimentation et peut fonctionner.
Lorsque l’interrupteur est ouvert, cette liaison est interrompue et le luminaire s’éteint.
Du côté du point lumineux, on retrouve ainsi principalement :
- le retour lampe, qui apporte la phase commandée ;
- le neutre, nécessaire à l’alimentation du luminaire ;
- le conducteur de protection (terre), conformément aux exigences applicables.
À retenir pour lire un schéma simple allumage
La phase arrive à l’interrupteur.
Le retour lampe repart de l’interrupteur vers le luminaire.
Le neutre rejoint le luminaire.
Le conducteur de protection est acheminé au point d’éclairage conformément aux règles applicables.
Schéma de principe et schéma de câblage : quelle différence ?

Il est utile de distinguer les deux représentations.
Un schéma de principe sert avant tout à comprendre le fonctionnement électrique. Il montre la relation entre la phase, l’interrupteur, le retour lampe et le luminaire sans nécessairement reproduire l’emplacement réel des fils.
Un schéma de câblage représente davantage la manière dont les conducteurs sont raccordés entre les différents équipements. Il est donc plus proche de ce que vous retrouvez physiquement dans l’installation.
Pour comprendre un simple allumage, le schéma de principe permet déjà de retenir l’essentiel :
Phase → interrupteur → retour lampe → luminaire → neutre.
Cette logique reste valable même si le chemin physique des conducteurs varie selon l’installation, les boîtes de dérivation, le type de luminaire ou l’organisation du réseau.
Sécurité
Un schéma permet de comprendre un circuit, mais ne suffit pas à identifier avec certitude les conducteurs d’une installation existante. Avant toute manipulation, coupez l’alimentation au tableau et vérifiez l’absence de tension. En rénovation, ne vous fiez jamais uniquement à la couleur ou à la position d’un fil.
Les fils électriques utilisés dans un simple allumage

Pour comprendre un schéma de simple allumage, il faut avant tout distinguer la fonction des différents conducteurs.
L’interrupteur ne reçoit pas simplement « deux fils ». Chaque conducteur possède un rôle précis dans le fonctionnement et la sécurité du circuit.
| Conducteur | Fonction |
|---|---|
| Phase | Transporte l’alimentation jusqu’à l’interrupteur |
| Retour lampe | Transporte la phase commandée de l’interrupteur vers le luminaire |
| Neutre | Rejoint le point lumineux sans passer par l’interrupteur simple |
| Terre | Conducteur de protection destiné à la sécurité des personnes et des matériels |
Le point essentiel est que l’interrupteur commande la phase. Le neutre rejoint directement le point lumineux dans le principe classique du simple allumage.
Le conducteur de protection, couramment appelé terre, est quant à lui acheminé conformément aux exigences applicables au circuit et au matériel installé.
Phase, neutre et retour lampe : comment les distinguer ?
La fonction d’un conducteur et sa couleur sont deux notions différentes.
Le bleu clair est réservé au conducteur neutre lorsqu’un neutre est présent. La combinaison vert et jaune est réservée au conducteur de protection.
La phase et le retour lampe utilisent d’autres couleurs autorisées et doivent pouvoir être correctement identifiés.
Cette distinction est particulièrement importante en rénovation. Sur une installation ancienne, ne vous fiez jamais uniquement à la couleur d’un fil pour déterminer sa fonction. Des modifications antérieures ou d’anciens usages peuvent rendre le repérage trompeur.
Pourquoi l’interrupteur coupe-t-il la phase ?
L’interrupteur doit interrompre la phase et non simplement le neutre.
Lorsqu’il est ouvert, il coupe ainsi l’alimentation active transmise au luminaire par le retour lampe. Couper uniquement le neutre laisserait une partie du luminaire reliée directement à la phase.
Cela ne signifie pas pour autant qu’un luminaire éteint peut être manipulé sans précaution.
Un interrupteur en position arrêt n’est pas un dispositif de mise en sécurité. Avant toute intervention, coupez l’alimentation au tableau et vérifiez l’absence de tension.
Les règles de la NF C 15-100 pour le circuit d’éclairage
Le simple allumage est un mode de commande. Les règles de dimensionnement concernent avant tout le circuit d’éclairage auquel il appartient.
La série NF C 15-100 révisée en août 2024 constitue le référentiel technique actuel des installations électriques à basse tension. La NF C 15-100-10 traite plus particulièrement des installations électriques dans les bâtiments d’habitation.
Pour un circuit d’éclairage domestique, trois valeurs sont essentielles.
| Caractéristique du circuit | Valeur à retenir |
|---|---|
| Section minimale des conducteurs en cuivre | 1,5 mm² |
| Calibre maximal du disjoncteur | 16 A |
| Nombre maximal de points d’éclairage | 8 par circuit |
Ces valeurs ne concernent donc pas uniquement un interrupteur. Elles s’appliquent au circuit d’éclairage qui l’alimente.
Les 3 chiffres à retenir
1,5 mm² minimum pour les conducteurs du circuit d’éclairage.
16 A maximum pour le disjoncteur.
8 points d’éclairage maximum sur un circuit.
Quelle section de fil pour un simple allumage ?
Pour le circuit d’éclairage, la section minimale des conducteurs en cuivre est de 1,5 mm².
Cette section ne doit pas être diminuée simplement parce que le luminaire consomme peu.
Une ampoule LED de quelques watts ne justifie donc pas l’emploi de fils plus fins. Le dimensionnement est déterminé à l’échelle du circuit électrique, et non uniquement à partir de la consommation de l’ampoule.
Disjoncteur 10 A ou 16 A pour un circuit d’éclairage ?
Avec des conducteurs de 1,5 mm², le calibre du disjoncteur protégeant le circuit d’éclairage ne doit pas dépasser 16 A.
Vous pouvez donc rencontrer un circuit protégé par :
- un disjoncteur 10 A ;
- un disjoncteur 16 A.
La valeur de 16 A correspond à un maximum. Elle ne signifie pas que tous les circuits d’éclairage doivent obligatoirement être protégés par un disjoncteur de 16 A.
Combien de points lumineux sur un circuit ?
Un circuit d’éclairage peut comporter 8 points d’éclairage maximum.
Il faut ici distinguer le circuit de son mode de commande. Un même circuit peut alimenter plusieurs éclairages, certains commandés en simple allumage et d’autres selon une configuration différente.
La limite de 8 concerne donc l’ensemble du circuit d’éclairage concerné, et non chaque interrupteur pris séparément.
Pour un logement, la NF C 15-100-10 prévoit par ailleurs au moins deux circuits d’éclairage, avec une dérogation permettant un seul circuit pour un studio ou un T1.
Cette répartition doit notamment être prise en compte lors de la conception d’une installation neuve ou d’une rénovation importante impliquant une restructuration des circuits.
Branchement d’un interrupteur simple allumage
Le branchement d’un simple allumage suit directement le fonctionnement décrit précédemment : la phase arrive à l’interrupteur et en repart sous forme de retour lampe.
Avant d’effectuer un raccordement, coupez impérativement l’alimentation et vérifiez l’absence de tension.
Une fois le circuit sécurisé, son organisation de principe est la suivante :
- la phase provenant du circuit d’éclairage arrive sur l’interrupteur ;
- la sortie de l’interrupteur constitue le retour lampe ;
- ce retour rejoint le point lumineux ;
- le neutre rejoint directement le luminaire ;
- le conducteur de protection est acheminé conformément aux exigences du circuit et du matériel installé.
L’interrupteur agit donc comme une coupure commandée sur la phase.
Ce principe paraît simple, mais une erreur d’identification des conducteurs peut conduire à un montage incorrect. En rénovation notamment, il faut vérifier le circuit existant plutôt que reproduire automatiquement les raccordements trouvés derrière l’ancien interrupteur.
Un interrupteur peut-il commander plusieurs lampes ?
Oui. Un simple allumage ne signifie pas nécessairement une seule lampe.
Un même interrupteur peut commander plusieurs points lumineux qui s’allument et s’éteignent simultanément. C’est par exemple le cas lorsque plusieurs luminaires d’une pièce doivent être actionnés depuis la même commande.
La limite ne vient donc pas du principe du simple allumage lui-même, mais des caractéristiques du circuit d’éclairage.
Il faut notamment respecter la limite de 8 points d’éclairage maximum par circuit et conserver une installation correctement dimensionnée et protégée.
Exemple
Un interrupteur situé à l’entrée d’une pièce peut commander simultanément trois points lumineux.
Il s’agit toujours d’un simple allumage puisque l’éclairage est commandé depuis un seul endroit.
Simple allumage, va-et-vient ou télérupteur : quel montage choisir ?
Le choix du montage dépend principalement du nombre d’endroits depuis lesquels vous souhaitez commander l’éclairage.
Cette distinction permet de choisir une installation adaptée à l’usage de la pièce.
| Besoin | Montage adapté |
|---|---|
| Commander depuis 1 endroit | Simple allumage |
| Commander depuis 2 endroits | Va-et-vient |
| Commander depuis plusieurs endroits | Boutons-poussoirs + télérupteur, selon l’installation |
Le simple allumage convient donc parfaitement à une pièce dans laquelle une commande située près de l’entrée suffit.
Dans un couloir comportant deux accès ou dans un escalier, le va-et-vient est généralement plus pratique. Il permet de commander le même éclairage depuis deux emplacements.
Lorsqu’un nombre plus important de commandes est nécessaire, une installation utilisant des boutons-poussoirs associés à un télérupteur peut être privilégiée.
Emplacement et hauteur de l’interrupteur
L’implantation d’un interrupteur doit être pensée pour rendre l’éclairage facilement accessible.
Dans une pièce classique, la commande est généralement placée près de l’accès. Cette disposition permet d’allumer l’éclairage dès l’entrée sans traverser une zone sombre.
Il s’agit toutefois de distinguer cette bonne pratique de conception des prescriptions normatives relatives à certaines installations.
Lorsque les prescriptions d’accessibilité correspondantes s’appliquent, les dispositifs de commande concernés doivent se trouver dans une plage comprise entre 0,90 m et 1,30 m du sol fini.
Il ne faut donc pas transformer cette plage en une hauteur unique qui serait obligatoire dans toutes les situations.
Simple allumage en neuf et en rénovation
Les principes électriques du simple allumage restent identiques, mais le contexte réglementaire n’est pas nécessairement le même selon la nature des travaux.
Dans une installation neuve, les circuits sont conçus dès l’origine selon le référentiel applicable au projet. Les sections de conducteurs, protections, points d’éclairage et commandes sont intégrés à cette conception.
En rénovation, il faut distinguer plusieurs situations.
Remplacement d’un interrupteur existant
Le remplacement d’un appareillage existant ne signifie pas automatiquement que l’intégralité de l’installation électrique du logement doit être reconstruite selon les prescriptions applicables à une installation neuve.
Il faut néanmoins s’assurer que l’intervention ne dégrade pas la sécurité existante et que le matériel installé est adapté au circuit.
Création ou modification d’un circuit
La situation est différente lorsqu’un nouveau circuit d’éclairage est créé, lorsqu’une installation est étendue ou lorsqu’une partie importante du réseau électrique est restructurée.
Les prescriptions correspondant aux travaux réalisés et au référentiel applicable au projet doivent alors être prises en compte dès la conception.
NF C 15-100 : norme technique et réglementation
La série NF C 15-100 a été révisée en août 2024. Elle constitue le référentiel technique actuel pour les installations électriques basse tension.
La réglementation française comporte parallèlement des textes réglementaires, notamment l’arrêté du 3 août 2016 relatif aux installations électriques des bâtiments d’habitation, qui renvoie à des références normatives pour établir une présomption de conformité.
Il est donc important de ne pas employer indifféremment « prescription normative » et « obligation légale ».
Pour une rénovation importante, une extension ou une installation neuve, le référentiel applicable doit être déterminé en fonction de la nature et de la date du projet.
Les erreurs à éviter sur un circuit simple allumage
La simplicité du montage ne doit pas conduire à négliger les règles de sécurité. Un circuit peut faire fonctionner correctement une lampe tout en présentant une erreur de câblage ou de protection.
Les erreurs les plus courantes à éviter sont :
- intervenir sans couper l’alimentation et vérifier l’absence de tension ;
- interrompre le neutre au lieu de la phase ;
- utiliser des conducteurs dont la section est insuffisante ;
- dépasser le calibre maximal de protection du circuit ;
- installer plus de 8 points d’éclairage sur un même circuit ;
- identifier les conducteurs uniquement à partir de leur couleur sur une installation ancienne ;
- négliger le conducteur de protection lorsqu’il est requis ;
- modifier un circuit sans contrôler sa protection au tableau électrique.
Le bon fonctionnement du luminaire n’est donc pas un critère suffisant pour juger la qualité d’une installation.
Il faut vérifier la cohérence de l’ensemble du circuit, depuis le tableau électrique jusqu’au point lumineux.



